Programme du 2ème trimestre 2015-16 

         Veuillez noter dans votre agenda :

Lundi 18 janvier 2016
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" L’utopie,
histoire d’un contre-sens "

Lauric GUILLAUD

Professeur émérite de littérature et de
civilisation américaines à l’université d’Angers.
Ancien directeur du CERLI.

Depuis Platon, l’Utopie, même si le terme est créé par Thomas More en 1516, n’a cessé de se trouver au carrefour du rêve et de la réalité. L’utopie n’est-elle qu’un jeu intellectuel, puis une spéculation foncièrement littéraire, ou débouche-t-elle immanquablement sur une réalité qui peut s’avérer aussi positive que désastreuse ? Face au consumérisme généralisé présenté comme seul horizon, l’émergence de l’Utopie coïncide-t-elle nécessairement avec un rétrécissement des libertés ? Assistons-nous aujourd’hui au triomphe de la dystopie comme confirmation de la fin de l’Utopie ? Certes, il serait vain de nier les avancées des sociétés occidentales, les progrès de la démocratie, la libéralisation des mœurs, l’émancipation des femmes, l’éducation pour tous, l’explosion inouïe des techniques. Et pourtant… Construire une société « parfaite » ne peut se concevoir sans repli, sans insularité, sans autarcie. La régularité géométrique de la cité parfaite, cet « ailleurs immuable » (R.-M. Allemand), doit correspondre à l’organisation humaine rêvée par l’utopiste. Un cadre se met en place, spécifiquement urbain, communautaire et planificateur. La folie de la règle repose sur la surveillance et le contrôle. Dès que se réalise l’utopie, elle tend à opprimer. L’uniformisation et le collectivisme généralisés triomphent dès que Thomas More définit le paradigme du genre. Les secrets de l’individu s’effacent devant le cadre communautaire. Déjà se manifeste la tyrannie de la transparence qu’illustreront George Orwell dans 1984 ou Jacques Tati dans Playtime. Les premières rêveries communistes portent déjà les germes des totalitarismes futurs et le XIXe siècle voit la naissance de la dystopie. L'utopie promettait des lois parfaites, une égalité totale et l’abolition de la propriété privée. La dystopie, qui part de l'utopie effectivement réalisée, en montre les conséquences funestes, au point qu’on peut légitimement se demander si cette prétendue inversion des systèmes dits utopiques n’est pas autre chose que l’aboutissement inéluctable des dévoiements potentiels que porte initialement l’utopie. C’est l’idéal perfectionniste qui condamne l’utopie à toute remise en cause et interdit toute possibilité de retour en arrière. L’utopie est un système inaltérable qui ne souffre par définition aucune atteinte à son « intégrité » première puisque le système semble vicié dans sa nature même. Maintes utopies ou dystopies fortement teintées d’eschatologie ou de millénarisme ne cesseront d’annoncer des lendemains qui déchantent, anticipant « l'esprit de la fourmilière » des années 30, les totalitarismes et les guerres du XXe siècle (œuvres de Jules Verne, Zamiatine, Wells, Orwell, Huxley). En se proposant de réaliser le bien absolu, on aboutit au mal absolu. Le réel n’existe pas : il doit se plier au rêve. L’utopie se présente le plus souvent comme une alternative. Mais y a-t-il une alternative à l’utopie ? L'utopie n'est-elle pas « naturellement totalitaire » (F. Rouvillois) ?

Mercredi 20 janvier 2016
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" Actualités de défense "
Etienne COPEL

Le 1er septembre 1981, il est nommé Général de brigade aérienne.
Il commande alors le Centre d’opérations de la Défense aérienne (Taverny).
En 1983, il est nommé sous-chef d'état-major de l'Armée de l'air, chargé des opérations.
Étant en désaccord avec les choix politico-stratégiques de l'époque concernant la Défense nationale,
il démissionne de ce poste le 10 mars 1984 afin de pouvoir exprimer ses points de vue publiquement.

Après les attentats de janvier et de novembre 2015, la question du rôle de l’armée dans une société démocratique a pris une nouvelle acuité.
Jamais l'armée française n'a été mobilisée simultanément sur autant de théâtres d'intervention, et cela alors que les moyens budgétaires qui lui sont alloués n'ont cessé de diminuer depuis un quart de siècle. C'est cette contradiction, avec des armées aujourd'hui proches du point de rupture, qui justifie le cri d'alarme du général Vincent Desportes. Tandis que les menaces de toute nature se multiplient à l'échelle internationale et que le territoire national est désormais directement menacé, la France peut-elle se permettre de ne plus compter que sur des armées aux capacités très fortement dégradées à cause d'une politique d'économies à courte vue ? L'effort budgétaire est nécessaire, mais il ne suffit pas de réclamer des moyens ; il faut en redéfinir la nature et l'emploi.
De quelle armée la Nation a-t-elle aujourd'hui besoin ? Il est important de mettre en œuvre un profond renouveau de la réflexion stratégique française.
Quelques points peuvent être évoqués:
1/ Un contribuable qui fait beaucoup pour la Défense de la France et des Armées en grande difficulté financière.
Juste après l’Américain, à égalité avec l’Anglais et loin devant le Russe, le Chinois, l’Allemand … le Français dépense par individu beaucoup plus pour sa défense que la plupart des autres habitants de la planète. Et pourtant les Armées vivent très chichement : les matériels ont une disponibilité faible, les réserves de munitions sont parfois à un niveau ridicule, les entrainements manquent de réalisme … les moyens de fonctionnement sont très insuffisants pour assurer un moral raisonnable aux militaires. Les raisons essentielles sont:
- Des dépenses nucléaires exagérées
- Des matériels aériens supersoniques …qui ne volent jamais en supersonique et coûtent très cher, en investissement comme en fonctionnement
- Des Opérations extérieures certes utiles mais effectuées sans concours européen … ou presque et avec des matériels pas toujours adaptés
2/ Une défense civile trop souvent oubliée malgré les attentats.
- Critique essentielle : on se protège surtout des types d’attentats ayant déjà eu lieu (détournement d’avion …) et on oublie ceux qui pourraient survenir (barrages, trains de chlore…)
3/ Tour du monde des principales crises…

Lundi 25 Janvier 2016
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" L’économie sociale et solidaire
dans ses (r)apports aux territoires "

Emmanuelle BIOTEAU
et
Karine FÉNIÈS-DUPONT

Maître de conférences en géographie, Université d’Angers,
Laboratoire ESO (CNRS, UMR 6590),
champs de recherche portant sur l’économie sociale et solidaire,
les constructions spatiales de solidarités (France, Roumanie, Europe).
Co-responsable du Réseau Grand ouest de Recherche en ESS,
membre du Réseau InterUniversitaire d’ESS
et
Diplômée en sciences sociales (sociologie,
démographie, ethnologie) à l’Université Paris V-Sorbonne.
Elle est responsable de l’Observatoire à la CRESS Pays de la Loire
où elle mène des études et diagnostics à la fois sectorielles,
thématiques et territoriales afin d’aider à la décision publique et privée
et de favoriser le développement de l’ESS au plan régional.

La crise économique modifie le rapport au monde et à l’environnement, nous questionne à la fois sur notre rapport à l’économie, à la consommation et sur les enjeux de cohésion sociale… et plus largement sur la maîtrise du territoire par les citoyens. Tout le monde souligne la nécessité de «changer l’économie», de «changer de paradigme». Nombreux sont les acteurs publics ou issus de la société civile qui aujourd’hui dénoncent le caractère non soutenable de notre mode de développement et plus largement de notre mode de vie.
Comment considérer les rapports et les apports aux dynamiques des territoires des entreprises d'ESS, constituées en France des associations, coopératives, mutuelles et fondations (auxquelles le tout récent texte de la Loi-cadre 2013 devenue Loi sur l’Economie Sociale et Solidaire du 31 juillet 2014 ajoute les entreprises dont les activités sont d’utilité sociale sous le statut ESUS) ? Pour ses promoteurs, l'ESS constitue l'une des clefs de voûte de l'organisation et de l'animation territoriale dans la mesure où elle produit des résultats objectifs, visibles et utiles, et où elle reflète également la capacité de mobilisation collective d'acteurs dans un projet de territoire. Des mêmes études, il ressort également que l'ESS, par les dynamiques de ses établissements et par ses choix de localisation, donne à voir des spécificités zonales. L'enjeu de la co-construction est ainsi essentiel, permettant de mieux comprendre les mécanismes de contribution de l'ESS aux dynamiques de développement local et la capacité d'ancrage de l'ESS dans les territoires.
Entre le discours et la réalité, l’idée même d’un modèle alternatif fait débat autant dans l’espace public que dans la recherche scientifique. Cette dernière interroge les fondements théoriques de cette économie de proximité (sociale et/ou géographique), de projets, faite d’expérimentations à plus ou moins grande échelle. Qu’il s’agisse d’une transition vers une économie alternative, ou bien vers une économie plus humaine, ou encore vers une économie au service de la société et des territoires, ou bien enfin vers une économie socialement soutenable, économiquement viable, et respectueuse de l’environnement et de nos biens communs, l’ESS mérite qu’on la questionne pour mieux la comprendre et l’expliquer.

Mercredi 27 janvier 2016
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" Podemos - Un populisme de gauche ? "
Christophe BARRET

Titulaire d'une maîtrise d'histoire contemporaine
et ancien professeur certifié d'histoire-géographie,
Christophe Barret est attaché d'administration au
département des publics des Archives nationales.
Il y est en charge de projet pédagogiques interculturels,
notamment entre la France et l'Espagne, dans le cadre
de l'éducation à la citoyenneté européenne.
Associé à l’axe «Vulgarisation des Savoirs Scientifiques»
du laboratoire LBHE de l’Université d’Artois (UFR Sciences de Lens).

Hier l'Italie, la Grèce. Aujourd'hui l'Espagne. Demain, la France ? Après le M5S, après Syriza, c'est au tour de Podemos de porter la révolte et l'espérance des peuples d'Europe contre les élites technocratiques et financières de Bruxelles. Quel est ce "populisme de gauche" que dénonce inlassablement "la caste" ? Quels sont ces mouvements qui dérangent les connivences politiciennes ? D'où viennent-ils ? Quelle est leur stratégie ? Forment-ils une alliance ? En janvier 2015, le parti Syriza reporte les élections législatives en Grèce. En mai 2015, Podemos remporte la mairie de Barcelone et de Madrid. Le 20 décembre dernier, il est entré au Congrès des députés. Qu'ont à nous dire ces nouveaux mouvements de la gauche radicale ? Qui sont leurs jeunes leaders ? Où ont-ils été formés ? Qui ont-ils lu ? Comment et pourquoi ont-ils été les premiers à comprendre que la partie que se jouait entre la Puerta del Sol, Londres et Wall Street n'est pas une révolte d'agités, mais un soulèvement des classes moyennes contre les partis libéraux qui en les convainc plus.
Pour répondre à ces questions, Il est important de se rendre en Espagne pour observer plusieurs manifestations organisées par Podemos, et de rencontrer des militants et responsables du Parti. Ie politologue post-marxiste Ernesto Laclau, qui n'est autre que le théoricien d'un populisme de gauche assumé.
Il est intéressant d’étudier les dessous d'une des conquêtes politiques les plus inattendues de ce début de XXIe siècle. A travers, on constate une situation préoccupante : la faillite de la gauche de gouvernement fera-t-elle du Front National le vainqueur local de la reconfiguration générale ?
Cette étude permet d'expliquer en quoi Podemos a réussi là où tous les partis anti-libéraux français ont échoué, et comment cette gauche radicale venue du sud de l'Europe est parvenue à se réarmer théoriquement et politiquement.

Lundi 1er Février 2016
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" A la poursuite
des ondes gravitationnelles "

Pierre BINETRUY

Professeur à l’Université Paris Diderot.
Membre senior de l’Institut Universitaire de France.
Physicien travaillant à l’interface entre infiniment grand et infiniment petit.
Il a créé et dirigé le laboratoire Astroparticude
et Cosmologie de l’Université Paris Diderot de 2005 à 2013.
Il est actuellement directeur du paris Centre for Cosmological Physics.
Il travaille dans le domaine de la cosmologie et de la gravitation.
Il est impliqué dans la mission spatiale eLISA
de détection des ondes gravitationnelles.

Nous sommes habitués à observer la lumière des étoiles pour comprendre l'Univers. Ce n'est pourtant pas la radiation la plus présente dans l'Univers mais c'est celle que nous avons d'abord identifiée car nos yeux sont des «détecteurs de lumière». Or l'Univers est mu par la gravité, non par la lumière. C'est donc la radiation associée, appelée onde gravitationnelle, qui est de première importance pour comprendre le fonctionnement de l'Univers.
Tout récemment, les scientifiques ont réussi à mettre au point les premiers instruments qui leur permettront de détecter cette radiation.
Le ondes gravitationnelles ont été prédites il y a cent ans par Albert Einstein. Elles sont une notion centrale de la théorie de la gravité mais n’ont toujours pas été détectées. Nous verrons ce que sont exactement ces ondes et pourquoi leur détection est attendue très prochainement. Cette détection permettrait à terme d’avoir des informations fondamentales sur la physique des trous noirs et sur les premiers instants dans l’Univers.



















Les conférences su 1er trimestre 2015-16 :

Lundi 21 septembre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" Pertes et profits dans le catholicisme
français au début du 21ème siècle "

Yvon TRANVOUEZ

Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Brest
et membre du Centre de Recherche Bretonne et Celtique.
Spécialiste de l’histoire du catholicisme contemporain
(de la Révolution à nos jours).

En France, l’Église catholique n’est plus, de toute évidence, qu’un acteur parmi d’autres sur un marché religieux qui se pluralise et dont la clientèle se réduit. Mais ce constat général est trop peu souvent explicité. On essaiera donc de dresser un bilan, à la fois quantitatif et qualitatif, du catholicisme français au début du XXIème siècle, et ce à la manière dont on pourrait auditer une entreprise dont l’avenir serait perçu comme préoccupant. Seront donc successivement évoqués ses usagers (ceux que l’on appelait autrefois les «fidèles»), son personnel (les clercs et le laïcs investis dans la pastorale), et enfin son image de marque (la perception de l’Église catholique par la société française).

Mercredi 23 septembre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" Face au retour de la guerre froide "
Hervé JUVIN

Essayiste et écrivain français.

Il est important d’analyser la montée des tensions dans l’est européenne comme un retour de la guerre froide dont les Américains ont besoin pour diviser le continent eurasiatique, et empêcher tout rapprochement entre l’Europe de l’Ouest et la Russie.
Cette montée des tensions s’inscrit dans la recherche de nouvelles alliances et de nouveaux rapports de force. La page de l’après-guerre est tournée. Les institutions internationales sont malades, certaines sont mortes. Le monde du dollar, de l’hyperpuissance américaine, de l’Occident dominateur, est derrière nous. Nul ne sait ce qui va lui succéder. Plus que dans les grandes théories et les constructions intellectuelles, l’évolution pourrait venir des situations concrètes auxquelles sont confrontés des Européens en voie de paupérisation, confrontés à une insécurité identitaire et économique croissante, déçus dans leurs attentes sans doute excessives, et qui vont devoir très vite redécouvrir des mots oubliés comme puissance, guerre, ennemi. C’est la condition de leur liberté, c’est aussi la condition de la survie d’une singularité européenne qui peine à s’exprimer dans le siècle.

Lundi 28 septembre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" A propos des nouvelles thérapies
dites innovantes:
Miracle ou mirage ? "

Gérard DELEPINE

Chirurgien, orthopédiste.

Chaque époque a ses mythes et un des nôtres est celui des molécules dites innovantes, ciblées sur des mutations génétiques de chaque cancer ou utilisant des anticorps dirigés contre un antigène de la tumeur.
Une propagande effrénée, conçue par les firmes pharmaceutiques et diffusée sur tous les médias (presse, télévision, internet), souvent avec le patronage des sociétés savantes et des plus hautes autorités de l’Etat veut nous faire croire que ces nouveaux traitements vont remplacer la «chimiothérapie» maintenant parée de tous les défauts.
Cette publicité, comme le plan cancer, veut nous «acculturer» et en particulier nous faire oublier les guérisons et rémissions prolongées que la chimiothérapie classique a obtenues depuis les années 1985-90. Ces traitements éprouvés, qui guérissent plus de 75% des enfants cancéreux de moins de 15 ans et plus de 50 % des adultes, sont, au moins en partie, mis au placard sous l’autorité de la nouvelle organisation du cancer en France. L’institut national du cancer impose des «recommandations nationales» que les établissements doivent respecter dans la grande majorité des cas, faute de quoi ils perdent leur accréditation (autorisation de soigner des malades atteints de cancer) délivrée par les ARS (agences régionales de santé), nouvelle inquisition.
Malheureusement ces nouvelles molécules qui se multiplient comme des petits pains ne sont un miracle que pour la finance et leurs affiliés en raison des prix exorbitants qu’on leur accorde contre toute logique (au détriment de notre sécurité sociale). Pour les patients elles ne sont, pour la plupart que mirage dont la persistance s’explique par la propagande intensive et les multiples liens d’intérêt entre les entreprises du médicament et de nombreux experts, médecins leaders d’opinion et décideurs administratifs et politiques.
Nous envisagerons ici quelques exemples de ces blockbuster à plusieurs milliards de dollars de chiffre d’affaires mondial, comparant leur publicité et leurs résultats en terme de survie et d’effets secondaires au détriment du patient. De plus en plus de voix s’élèvent contre ce scandale qui ruine les systèmes sociaux des Etats oubliant de plus que le malade seul devrait être notre priorité.

Mercredi 30 septembre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" Etat islamique contre Al-Qaïda "
Samuel LAURENT

Consultant international.

Depuis la montée en puissance de l’Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie, la galaxie djihadiste mondiale est entrée dans une nouvelle ère. La rivalité entre Al-Qaïda, la maison mère, et les nouveaux venus de l’EI agite les groupes islamistes radicaux à travers le monde, suscite débats et ruptures, et se traduit, en Syrie, par une lutte sanglante. D’un côté, Ayman Al-Zawahiri, «émir» des djihadistes partisans d’Al-Qaïda et chef du «commandement général» du mouvement fondé par Oussama Ben Laden. De l’autre, le «calife Ibrahim», Abou Bakr Al-Baghdadi, qui a renié son serment d’allégeance à Al-Qaïda, en a été exclu le 2 février et a proclamé, le 29 ?juin, un «califat» dirigé par l’EI. La force de l’organisation Etat islamique est son territoire, qui suscite une considérable attraction: plus de 20 000 islamistes étrangers auraient rejoint la Syrie et l’Irak, motivés, outre la question religieuse, par les succès militaires et les revenus issus des ressources naturelles et des pillages.
L’EI attire aussi des chefs de guerre: des rebelles syriens transfuges d’autres factions, neuf commandants de la zone afghano-pakistanaise qui ont rejoint la Syrie en mars, ou un homme tel qu’Omar Al-Sishani, qui a divisé le monde du djihad caucasien et est devenu un influent chef militaire de l’EI.

Mercredi 14 octobre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" Quel avenir pour la Papauté au XXIe siècle ? "
Philippe LEVILLAIN

Membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques.
Grand spécialiste d’histoire religieuse (XIXe-XXe siècles)
et plus particulièrement d’histoire de la papauté,
professeur émérite de l’Université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense

Benoît XVI, né en 1927, élu pape et successeur de Jean-Paul II en 2005, fut le dernier pape du XXe siècle. Grand théologien, expert au Concile Vatican II (1962-1965), il représenta l’Église conciliaire et post conciliaire, entre tradition et modernité. Son discours à la Curie romaine du 22 décembre 2005 sur l’ouverture et la fermeture de Vatican II, ou, si l’on préfère, l’avenir du Concile, marqua les esprits. Il était clair que le Souverain pontife ne convoquerait pas un Vatican III.
Troisième pape non-italien, après Jean-Paul II et Benoît XVI, le pape François, argentin, est issu d’un continent qui pèse lourd dans la vitalité du christianisme. Le centre de gravité de Rome s’est déplacé de l’Europe vers le monde latino-américain. Au conclave de 2013, et déjà en 2005, on parlait aussi d’un pape africain ou asiatique. Le pape François est face à une Église catholique en pleine mutation. La baisse de la pratique en Europe, la sécularisation, qui en est la cause et l’effet, la montée de l’individualisme et la quête de l’hédonisme ont bousculé les repères traditionnels et des valeurs proposées par le catholicisme et le représentant de Saint Pierre. Le pape François assume pleinement cet affrontement, qui stipule une réflexion sur la nature de l’Église, les formes de son action et également sur l’acculturation de l’assise romaine du catholicisme aux besoins actuels de concertation, de décentralisation et de subsidiarité. Parallèlement, la papauté, souvent fort critiquée pour ses positions traditionnelles, s’affirme depuis trente ans et plus comme la voix d’une référence internationale à la paix et un nouvel ordre mondial. Les voyages pontificaux, initiés par Paul VI, y pourvoient. Mais ses successeurs leur donnent une valeur évangélique pastorale et doctrinale de plus en plus écoutée. De même, la papauté est devenue un arbitre sollicité et écouté dans le domaine de la paix.
D’où cette question : comment concilier, au XXIe siècle, la mondialisation économique, sociale et politique avec l’affirmation d’une identité d’autorité, remontant à deux millénaires, quelles que soient les adaptations qu’elle ait opérées ou subies.

Lundi 16 novembre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" Le système de la dette
et la dette de la Grèce "

Pascal FRANCHET

Spécialiste de la dette et des finances publiques.

Le système-dette analysé par le CADTM désigne un système né au milieu des années 1970 où l'endettement ne sert plus à financer les investissements des pouvoirs publics mais se transforme en un cycle auto-entretenu d'emprunts et de remboursements qui conduisent les gouvernements des pays développés à devoir infléchir leurs politiques budgétaires et les plus faibles à se voir imposer par des institutions internationales (Banque Mondiale, FMI) des "politiques d'ajustements structurels" - soit de véritables mises sous tutelle - en contrepartie de prêts à taux avantageux à première vue. On peut à cet égard citer l'exemple du Mexique et des autres pays d'Amérique Latine et d’Afrique dont les politiques furent mises sous tutelle dans le cadre du consensus de Washington de 1982 et qui se virent imposer des politiques néolibérales néfastes pour les peuples de ces pays. On peut aussi citer la Grèce soumise aux diktats de la Troïka et à ses mémorandums.
Le système-dette est consubstantiel de l’orientation néolibérale de l’économie. Il désigne un système inversé des dettes souveraines où le prélèvement des ressources remplace l’apport de moyens aux économies nationales. Le système-dette peut être compris comme étant un instrument de la contre-offensive néolibérale qui s'est opérée depuis les années 1980 dans le cadre de la financiarisation mondialisée de l’économie. Il met en scène des acteurs comme le FMI et la Banque Mondiale mais aussi la BCE, les grandes banques systémiques très liées avec les grandes firmes multinationales, les fonds de pension (dont les fameux fonds vautours comme ceux qui continuent de réclamer des montants astronomiques à l'Argentine par exemple), et des clubs de créanciers comme le Club de Paris ou le Club de Londres.
Le cas de la Grèce est intéressant, symptomatique à bien des égards de ce système-dette présenté plus haut. La Grèce est d'autant plus importante pour le CADTM que celui-ci participe à l'audit sur la dette grecque. La Commission pour la vérité sur la dette grecque fut créée sur décision de Zoé Konstantopoulou (présidente du parlement grec) en avril 2015.
Un livre en est sorti «La vérité sur la dette grecque» qui présente les conclusions des travaux de la commission, une synthèse est disponible sur cadtm.org (voir ci-dessous). Il est important de revenir sur les conclusions de ce rapport préliminaire, sur l’échec de Syriza à renégocier la dette et sur ses erreurs majeures dans les négociations : la suspension du remboursement et la restructuration de la dette préconisés par le CADTM avant l’accession de Syriza au pouvoir n’ayant pas été suivis par le gouvernement Tsipras.

Mercredi 18 novembre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" La société de marché
contre le «vivre ensemble» "

Mathieu DETCHESSAHAR

Professeur à l'Institut d'Economie et de Management de l'Université de Nantes.
Ses recherches portent sur les transformations du travail et des organisations
ainsi que sur les liens entre l'entreprise et la société.

Dans l'histoire du débat politique en France, l'année 2015 restera certainement comme l'année du «vivre ensemble». Pas un plateau de radio ou de télévision sur lequel on ne propose d'en débattre. Pas un politique, ni un essayiste qui ne suggère des mesures visant à le renforcer ou à le rétablir. Cette mode du «vivre ensemble» signale une inquiétude grandissante devant la dégradation du tissu social et la difficulté croissante à «faire société». Cette crise s'est exprimée de façon paroxystique à travers les attentats de janvier, mais elle s'exprime aussi de manière plus quotidienne à travers la multiplication des actes de violence (émeutes des banlieues, multiplication des mouvements zadistes, fronde des bonnets rouges, émeutiers de moirans...) et de façon plus structurelle par la fragilisation des lieux traditionnels de construction des liens sociaux (travail, syndicat, partis politiques, famille...).
Comment comprendre cette crise du vivre-ensemble ? La racine des problèmes est à rechercher du côté des échecs du projet de société de marchés. Ce modèle de société s'est construit au plan conceptuel au cours des XVII et XVIIIème siècle, principalement en Europe. Il n'a cessé depuis de déployer ses effets pratiques même si le caractère extraordinaire des transformations qu'il emportait a provoqué de nombreuses résistances et suscité par conséquent quelques moments de reflux. Ce modèle repose sur une conception très particulière de ce qui doit faire lien entre les participants à une même communauté. La société de marchés entend unir ses participants par de simples liens marchands censés permettre la satisfaction et la cohabitation des intérêts personnels ainsi que la pacification des relations. Dès lors, la société de marchés installe l'économie comme préoccupation principale de la société et concentre les espoirs des individus sur un nouvel idéal mêlant croissance illimitée, consommation effrénée et liberté totale. Au crépuscule des anciens idéaux (les vertus antiques, la charité évangélique, l'égalité et la fraternité républicaine, ou même la révolution et l'émancipation...), la société de marché propose une nouvelle idole, une ultime sacralité: l'abondance matérielle comme horizon de tous nos besoins et solution à tous nos maux. Un tel projet ne pouvait manquer de saper peu à peu les fondements du «vivre ensemble» dont il attaque chacun des piliers: le projet commun est réduit à une collection de projets individuels d'enrichissement, le collectif qu'il entend intégrer n'est jamais défini et se dissout dans un universalisme abstrait, la conception commune du bien dont il est porteur repose sur une erreur anthropologique, une vision de l'homme extrêmement pauvre.

Lundi 23 novembre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" Quelles sont les crises du Logement en France ? "
Mathias THÉPOT

A la Tribune depuis 2010, il a travaillé au service Finances
avant de suivre la politique du Logement et l'économie francilienne.

On parle souvent de la crise du logement en France. Or il n’y a pas une crise du logement mais plusieurs du fait de l’hétérogénéité des marchés immobiliers résidentiels en France, où les problématiques économiques et sociales ne sont pas les mêmes. Ainsi, dans les plus grandes villes, les prix des logements ont beaucoup augmenté et sont désormais trop élevés par rapport aux revenus de la plupart des ménages. A l’inverse, plusieurs villes moyennes voient leurs prix de l’immobilier baisser franchement. Y aura-t-il une inflexion de ces tenaces dans les prochains mois ? Que font les politiques pour améliorer les choses ? Qu’est ce qu’une bonne politique du logement ? Que peuvent nous apprendre nos voisins européens sur ce thème ? Et de quoi parle-t-on concrètement lorsque l'on évoque le million de logements manquant en France ? Autant de questions qui méritent d’être discutées.

Mercredi 25 novembre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" L’économie sociale et solidaire
comme alternative au néolibéralisme "

Hervé DEFALVARD

Docteur en économie, Maître de conférences en économie, Responsable de la chaire
Economie sociale et solidaire de l’université Paris Est Marne la Vallée,
Responsable du Master Insertion et Entrepreneuriat social et solidaire,
Chercheur au laboratoire Erudite de l’université Paris Est,
Membre de l’association française d’économie politique.

Nos économies sont malades et les symptômes sont nombreux. La crise financière des subprimes devenue la crise des dettes publiques n’en finit pas de menacer d’exploser. La crise sociale avec un chômage toujours plus élevé qui délite le lien social. La crise écologique dont le scandale Volkswagen montre combien la concurrence généralisée et la course au profit l’aiguisent. Pourtant, face à ces constats connus de tous, les économistes maintiennent leur seule et unique médecine néolibérale, allant par la voix du prix Nobel 2014, Jean Tirole, jusqu’à qualifier «d’obscurantisme» les tentatives de penser autrement l’économie.
Dans la Révolution de l’économie [en 10 leçons], nous montrons deux choses : que le néolibéralisme est porteur d’une crise de civilisation et que l’économie sociale et solidaire qui existe déjà pourrait à certaines conditions changer la donne en étant porteuse d’un développement durable et solidaire sur les territoires.
Les politiques néolibérales émergèrent avec les figures de Thatcher et de Reagan sur le fond d’une révolution en économie dont Keynes et l’interventionnisme de l’Etat firent les frais. Cependant, ce néolibéralisme des économistes dont Milton Friedman incarna la revanche, n’est pas seulement le retour du libéralisme après une parenthèse étatiste. Il marque avec le libéralisme des origines, celui d’un Adam Smith par exemple, une rupture qu’il est essentielle de repérer pour comprendre en quoi il porte une crise de civilisation. Alors que le libéralisme originel conçoit l’individu libre comme une création de Dieu, adossant son laissez-faire à une éthique, le néolibéralisme l’adosse à la science en lui prêtant la faculté de deviner l’avenir à un aléa près. Parce que le néolibéralisme est un scientisme qui vide l’économie de tout sens commun remplacé par des chiffres, son monde du chacun étranger à tous provoque une crise de civilisation.
Sur toute la planète, nous trouvons déjà des révolutions tranquilles où des groupes de femmes et d’hommes organisent leur économie différemment : les circuits-courts, l’épargne solidaire, l’habitat participatif, les monnaies locales, les coopératives sociales, le réemploi, les énergies renouvelables citoyennes… etc.
En dix leçons, nous montrons que le marché n’est pas le seul monde, l’intérêt la seule raison d’agir, que les biens privés ne sont pas tout, l’efficacité le seul critère de jugement, le profit la seule manière d’entreprendre, que la croissance ne fait pas le bonheur et les pauvres pas des fainéants. Renversant les dogmes néolibéraux, nous traçons sur la base de réalités déjà présentes le chemin vers une autre économie des territoires qui n’annule ni le marché ni l’Etat mais les réoriente sous la force de la solidarité d’une économie conçue et réalisée en commun.

Lundi 30 novembre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" Conversions à l'islam:
des trajectoires en rupture ? "

Amélie PUZENAT

Maître de conférences en sociologie à l’université catholique de l’Ouest,
chercheuse associée au laboratoire ESO Angers,
et membre du groupe d’études sur le religieux Irène.

Il s’agit de voir en quoi le choix d’une vie plus ou moins axée sur le religieux fait rupture ou continuité dans les parcours de convertis à l’islam. Pour ce faire, nous mettrons en lumière ce qui amène socialement des individus à faire le choix de l'islam et les conséquences personnelles, familiales et sociales que cette conversion religieuse implique.
En replaçant la conversion dans un contexte socio-politique de transformation et de réception de l’islam plus large, nous essaierons, dans un premier temps, de rendre compte des motivations sociales de la conversion à l’islam chez de jeunes adultes. Quelles places peuvent occuper les relations amicales, les relations amoureuses, les réseaux sociaux, internet ? Quel est l’influence de mouvements islamiques transnationaux sur ces conversions vécues et ressenties comme personnelles ?
Puis, nous il est important de s’arrêter sur les changements identitaires qui surviennent suite à l’entrée des jeunes dans l’islam. De quelle manière se manifestent ces changements ? Comment sont-ils reçus par les proches ? Que traduisent-ils socialement ? Comment, par exemple, expliquer le recours au voile chez les femmes converties ?
Enfin, en fonction des parcours et des pratiques des personnes rencontrées, il est possible de connaître les différentes figures types de convertis.

Mercredi 2 décembre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" Le stockage de l’énergie "
Pierre ODRU

Ancien ingénieur à l'IFP,
Responsable du programme stockage de l'énergie
à l'Agence Nationale de la Recherche (ANR).

Le stockage de l’énergie est une pièce maîtresse de la future transition énergétique vers un mix énergétique décarboné. L’objet de cette conférence est d’en faire une présentation détaillée, dans le domaine de son rôle actuel et à venir dans les réseaux électriques, pour la chaleur, ainsi que dans le domaine de la mobilité.
Les énergies renouvelables électriques telles que l’éolien et le solaire sont en effet intermittentes et déconnectées de la demande, ce qui va entrainer des difficultés croissantes au niveau des réseaux. En effet le stockage direct d’électricité est impossible et celle-ci doit être consommée en direct. Toutefois une transformation réversible est possible en un potentiel de type gravitationnel, électrochimique, air comprimé, avec un coût et des rendements. L’électricité peut aussi être transformée en un vecteur énergétique tel que l’hydrogène ou la chaleur et le froid, directement réutilisables. Il est important de présenter, les principales solutions, leurs avantages et inconvénients, leur état de développement.
Plus du quart du gaz carbonique produit et 45% de l’énergie que nous utilisons sert à climatiser les bâtiments. La chaleur renouvelable, solaire ou géothermique, doit aussi trouver un important rôle dans le mix énergétique du futur. Si son stockage à court terme est résolu, se pose celui de son transfert d’une saison où elle est disponible vers une saison où elle est utile, par utilisation de chaleur sensible, de matériaux à changement de phase, ou de mécanisme de sorption.
Enfin la mobilité électrique est un axe fondamental de la diminution de la dépendance aux combustibles fossiles, qui nécessite aussi un très gros effort de stockage de l’électricité (ou de l’hydrogène). Un aperçu des différents types de batteries ainsi que des différents types de véhicules faisant appel partiellement ou totalement à la traction électrique sera donné.

Lundi 7 décembre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" L’islam modéré en question "
Amin ELIAS

Spécialiste du Moyen-Orient et l’islam.
Chercheur affilié à l’Université du Maine (Le Mans).

Dans la troisième rencontre provinciale du Secrétariat des Relations avec l’islam (SRI) déroulée à Rennes le 15 janvier 2011, le père blanc, Jean-Marie Gourdel, déclare devant une cinquantaine d’acteurs du dialogue islamo-chrétien que «Monsieur Islam n’existe pas». Cette déclaration vient pour répondre à ceux qui parlent au nom d’un «Islam» absolu qui dépasse tout temps et tous lieux. En 1968, un Maxime Rodinson essaie, dans une conférence prononcée au Cénacle libanais à Beyrouth, de redonner à l’islam sa dimension historique: «l’islam en soi, dit-il, n’existe pas en dehors de l’islam tel qu’il a été réalisé historiquement». En revanche, la majorité de ceux qui parlent au nom de l’islam le présente en tant que système absolu révélé par Dieu. Le Sheikh Yousef al-Qardâwî figure parmi les prédicateurs musulmans qui ne perçoivent l’islam que dans sa dimension non-historique (lâ-târîkhî). Pour lui, l’islam est «parfait» (islâm mithâlî), un «projet de civilisation global et absolu» qui possède des réponses divines à toute question et à tout problème. Ouvert à toute innovation, modéré et réaliste, l’islam promu par Qardâwî ne vient pas seulement pour se dresser contre les discours islamiques extrémistes associant la violence à l’islam mais aussi pour contrarier le «modèle laïque» venant d’Europe. Ce que Hassan al-Bannâ, fondateur des Frères musulmans, a essayé de faire durant les années quarante promouvant un modèle d’islam comme contre-proposition au modèle européen laïque, Qardâwî tente de le reproduire depuis les années quatre-vingt et jusqu’aujourd’hui dressant un «islam wasat» («islam du centre» ou «islam modéré») comme civilisation mondiale et globale ayant ses propres idéaux et ses propres fins. Imprégné par le parcours militant de Hassan al-Bannâ et des Frères musulmans, Qardâwî s’est rendu compte de l’importance du travail collégial et organisé. C’est pour cette raison qu’il a fondé en 2004 à Londres avec quelques savants musulmans la Fédération mondiale des savants musulmans, qu’il préside depuis cette date, dont la tâche principale consiste à promouvoir cet «islam modéré». En d’autres termes, Qardâwî essaie de créer une instance religieuse ou un nouveau magistère islamique indépendant afin qu’il dirige, explique et fixe les traits principaux de «l’islam wasat» qui est pour lui le «vrai islam».
Il est important de tracer les traits principaux de cet « islam modéré » tels qu’ils sont présentés par leurs promoteurs. Elle a également l’ambition d’interroger cette version de l’islam afin de savoir en quoi diffère-t-elle d’autres versions jihadistes et takfiristes. En outre, cette communication évoquera la question du magistère, représenté par la Fédération mondiale des savants musulmans, et le rôle qu’il joue en tant qu’instance religieuse ayant l’ambition de créer une sorte d’«église» régissant les affaires de l’islam modéré.

Mercredi 9 décembre 2015
Conférence-débat organisée par le Kiosque Citoyen
18h30, à l'Institut de Gestion de Rennes, 11, rue Jean Macé,
35700 Rennes, Amphi 1
  (Bus Lignes 1 & 9 , arrêt Guéhenno).
" Les amphibiens,
des animaux discrets à protéger "

Bernard LE GARFF

Enseignant-Chercheur (en retraite)
EA7316 - Biodiversité et Gestion des Territoires
(Université de RENNES 1, Ex-Président de la Société Herpétologique de France.

Les Amphibiens sont totalement inféodés à leur milieu, et du fait de leur mode de vie et de leurs faibles déplacements, ils sont très vulnérables à toute perturbation de leur habitat.
Pour toutes ces raisons, ce sont d’excellents «indicateurs biologiques» : lorsque leurs populations se portent bien, c’est que leurs milieux sont parfaitement équilibrés.
Or ils sont actuellement parmi les animaux les plus menacés et leur raréfaction récente est très alarmante partout dans le monde, à cause des activités humaines.
Après quelques généralités sur la biologie de ces animaux : cycles d’activités, morphologie, coloration, respiration, alimentation, reproduction et développement, chacune des 15 espèces vivant en Bretagne est présentée à l’aide de photographies et de sa carte de répartition dans la région, extraite de l’« Atlas des Amphibiens et des Reptiles de Bretagne et de Loire-Atlantique » (Bretagne Vivante-SEPNB, 2014, coordinateur Bernard LE GARFF).
Depuis plus de 40 ans, la Société Herpétologique de France (SHF) milite et œuvre pour la connaissance et la protection des Amphibiens et des Reptiles, et depuis les années 1980, « toutes les espèces d’Amphibiens ainsi que leurs biotopes » sont protégés par la loi dans toute l’Union Européenne : il est interdit de les capturer, de les tuer, de les consommer et d’en faire le commerce.
Mais cesser de tuer n’est qu’un premier pas, encore faut-il laisser la possibilité de vivre !
Or les différentes menaces qui pèsent sur ces animaux, en plus de leurs prédateurs naturels, sont toutes liées aux activités humaines : les introductions d’animaux étrangers à la faune locale et pouvant devenir invasifs, la destruction et la fragmentation des milieux, les pollutions diverses, la circulation routière, etc.…. La liste pourrait être longue.
Pourtant des solutions existent pour éviter ou au moins limiter ce déclin.
Il est intéressant de donner quelques exemples d’aménagements réalisés avec les « Pouvoirs publics » en faveur des populations d’Amphibiens dans la région, qui prouvent que leur disparition n’est pas inéluctable.


Suite des conférences en cours de rédaction